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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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DES IDÉES ET DES SECTES COMMUNISTES.

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rien qui leur appartint en propre, ni maisons, ni terres, nidenrées ; tout chez eux était à chacun et à tous. Ils vivaientsous un toit assigné, mais la porte en demeurait constam-ment ouverte au co-religionnaire. Leurs repas, pris encommun , donnèrent naissance à ces agapes célèbres dansles premiers âges de la chrétienté ; leur continence devintla règle des ordres monastiques. On retrouve sans peinedans la vie de ces sectaires notre régime conventuel, quiimpliquait l’abandon de toute richesse particulière au profitde la fortune collective ; on y découvre l’origine des biensde main-morte, des bénéfices, des redevances de toute na-ture qui défrayaient les besoins des corporations religieuses.Mais ce qu'il laut voir dans ces accidents de l’existence so-ciale, c’est moins le fait en lui-même que le mobile. Danscet abandon du droit individuel, ce n’est pas la jouissanceque l’on cherche, mais le sacrifice, on n’y voit pas un plai-sir, pas une épreuve. On sait bien que ce n’est point lebonheur sur la terre, on espère que ce sera le salut dans leciel. La communauté est une expiation à laquelle on se ré -signe par pitié , par fanatisme ; on comprend quelle n’estpossible qu’avec l’esprit de détachement, de renoncement.Aussi n’y a-t-il rien à conclure de ces réalisations partielles,à moins qu’on ne prétende convertir le globe entier en unvaste monastère.

Diverses sectes ont même poussé les choses plus loin :elles ont admis le mélange des sexes dans la communauté,et substitué le travail collectif à l’oisiveté systématique ducouvent. De ce nombre sont les moraves. Le lien principalde leur association et l’ascendant religieux des chefs , leurbienveillance et leur dévouement sans bornes. On obéitvolontiers à qui commande avec justice. Les moraves vivent

en commun dans de vastes établissements. Chaque frère

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