78
ÉTUDES SUR LES KÉFOIÎMATEURS.
exerce un métier ou un art, et le produit de sou travail estversé à la masse. Il n’y a entre eux d’autre hiérarchie quecelle de l’àge. On distingue divers chœurs dans chaquemaison, des cœurs d’hommes et de femmes, de veufs et deveuves, de garçons et de filles. Les enfants sont élevésensemble, comme s’ils appartenaient au même père. Chezaucuns sectaires, le mysticisme n’exerce un empire plusgrand : leur dévotion à Jésus remplit entièrement leursâmes. Les jeunes filles sont les épouses du Sauveur, leursmaris n’ont que le droit de procureurs fondés. La plaie laté-rale du Christ est l’objet d’une adoration particulière ; onvoit celte plaie figurée sur leurs livres et sur les portes deleurs établissements. Des hommes qui se passionnent dansce sens doivent évidemment regarder leur organisationtemporelle comme un objet secondaire, et y apporter desdispositions qui rendent leur gouvernement facile. Les satis-factions que procure un culte mental étouffent ces jalousies,cette cupidité, ces ambitions, qui jettent tant de désordredans nos sociétés humaines, et, grâce à l’ascendant religieux,la communauté morave se maintient, depuis un siècle, sansinterruption comme sans progrès.
Le même mobile se retrouve dans les colonies d’indiensque fondèrent, vers le milieu du dernier siècle, les jésuitesdu Paraguay *. Les éléments différaient cependant sur unpoint. Ces Indiens vivaient à l’état sauvage, et l’applicationd’un mode de civilisation, quel qu’il fût, était pour eux unbienfait réel. Les jésuites d’ailleurs se montrèrent animés,à l’égard de leurs nouveaux sujets, de sentiments éclairés etbienveillants. Leurs missions ou réductions du Paraguayétaient gouvernées par un régime patriarcal tempéré de
Christiantsmo feêiiv de Muralorii