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É1UDLS Sun LES RÉFORMATEURS.
le prétexte d’un désordre immense, d’une révolte implaca-ble contre tout droit et toute loi. Il veut ramener le globe àl’enfance des sociétés et au règne de la forcé brutale.
Tout est désormais parcouru dans la sphère de ces idéeset de ces faits ; le programme des spéculations imaginaires,des combinaisons pratique se trouve épuisé. Désormais plusd’originalité sur ce terrain, les anciens ont tout dit; ils ont euleur thème pacifique, leur thème violent, et l’ifnpuissânccdu principe se trouve par celte suite d’efforts avortés. 11 noussemble que ce spectacle aurait dû suflire pour détourner lescerveaux contemporains, même les plus malades, d’unepoursuite tant de fois essayée, tant de fois reconnue vainé.Il n’en est rien, l’homme joue volontiers le rôle de l’insectequi se brûle éternellement au meme flambleau. L’expériencene le guérit pas, et, dans l’ensemble de ses recherchés, il ya toujours une part pour l’impossible, aliment des naturesinquiètes et remuantes. Les âges modernes ont donc euleurs communistes comme l’antiquité; seulement il fautdescendre de Platon à Babeuf, et passer du Livre des Loisau manifeste des égaux.
Les égaux (c’est le nom que se donnaient les disciples deBabeuf) appartiennent à celte secte de politiques qui, danstous les temps, ont voulu imposer aux sociétés une certainemanière de comprendre et de définir le bonheur. La sciencedu pouvoir consiste, d’après eux, à supprimer ce qui faitobstacle, et le meilleur gouvernement est celui qui s’arrangede manière à n’avoir pas de contradicteurs. Venus dans destemps orageux, les égaux ne pouvaient pas prendre la com-munauté à un point de vue sentimental. Ils prétendaient le■faire-pénétrer de-force dans la vie française. Ils acceptaientbienÿien la modifiant, la donnée bucolique de Morus et dePlaton; mais ils y ajoutaient les moyens de réalisation de