ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.
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A côté du pouvoir d’imposer le travail à ses administrés,l’État a un devoir bien grave, celui de les faire vivre. Tou-tes les existences sont placées sous sa responsabilité ; il fautqu’il défraie, dans les moindres détails, les besoins de lacommunauté. Ce peuple attend chaque jour sa nourriturecomme le prophète attendait son pain dans le désert. Ilimporte qu’il y en ait pour tous, et pour tous en dose égale.Les plus grandes iniquités ont souvent commencé par depetits abus. Des magistrats président donc à la répartitioncomme à la production générale. Comptables uuiversels, ilsdoivent pourvoir les zones pauvres avec l’excédant des zonesriches, présider à la circulation des denrées, de manière àce qu’aucun citoyen n'ait le droit de les accuser de l’insuffi-sance de ses repas, de la qualité et de la quantité de metsqui les composent. La critique est dans l’essence de l’esprithumain : il y aura des réclamations, il faut s’y attendre, etla question alimentaire partagera plus d’une fois lie gouver-ment lui-même. Mais, d’un autre côté, jamais a.rme plusterrible n’aura été remise aux mains du pouvoir central.Qu’une province s’agite, à l’instant meme on lui supprimeles approvisionnements 5 la révolte meurt d’inanition.
Les égaux, on le voix, n’hésitent devant aucune difficulté ;la hardiesse n’est pas ce qui leur manque. Les grands centresde population les embarrassent : ils abolissent cet élémentd’agitation et d’immoralité ; point ou peut de villes, beau-coup de bourgs et encore plus de villages. Le luxe prendnaissance dans les villes, et du luxe il n’en faut pas. Unehonnête aisance (le mot appartient au programme des égaux)doit être désormais la condition générale, uniforme ; rienau-dessous, rien au-dessus. Aussi les palais disparaîtront-ils ; à peine tolércra-t-on la magnificence dans les monu-ments publics. En revanche, les maisons seront commodes