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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ÉTUDES SUU LES RÉFORMATEUitS.

l’organisation scientifique des intérêts a fait place à la spo-liation.

C’est un thème fort commun aujourd’hui que de subor-donner les réformes politiques aux réformes sociales. Onn’aspire plus, parmi les révolutionnaires dignes de ce nom,à renverser un gouvernement. Cette perspective pouvaitsuffire autrefois ; actuellement elle ne tenterait que desambitions vulgaires. Ce qu’il faut détruire, c’est la société,c’est la civilisation , telles qu’on les a comprises jusqu’ànous. Voilà une poursuite qui peut s’avouer. On déclaredonc que l’on professe pour le gouvernement un respectinfini; mais que, dans l’ordre entier des relations humai-nes, on ne veut rien laisser debout de ce qui existe. Toutcela se débite avec un merveilleux sang-froid. Les commu-nistes ont adopté , comme les autres, cette méthode desubversion. Ils professent un souverain mépris pour la po-litique , ou ne l’envisagent que comme un instrument se-condaire dans leur œuvre de nivellement. A leurs yeux,rien n’est plus puéril que les petites querelles qui se vident,soit dans le parlement, soit ailleurs. Quand on songe à abo-lir d’un seul coup la propriété et la famille, il est certainque ces questions de détail doivent paraître bien petites etbien vaines. Les communistes n’admettent ni demi-mesuresni demi-succès ; il faut que la société capitule, se mette àleur discrétion. Hors de là, il n’y a de place que pour desdiscussions oiseuses.

Quoiqu’il soit possible de rattacher les sectes commu-nistes aux diverses sectes sociales et religieuses qui se sontdispersées, il y a quelques années, dans les voies du douteet du découragement, ce n’est guère qu’après la dernièredéfaite des détenus politiques, au 12 mai 1859, qu’ontrouve le communiste à l’état d’organisation, même informe.