DES IDÉES ET DES SECTES COMMUNISTES.
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La révolte armée était vaincue ; la révolte théorique luisuccéda. Déjà , à Lyon, une sorte d’association communistes’était fondée sur les ruines du mutuellisme; mais, con-duite avec modération , elle avait limité sa tâche à desœuvres de secours et de bienfaisance. Rien ne prouve quece cercle d’action ait été franchi. A Paris, on garda moinsde mesure, on eut plus d’ambition. Aux débris des sociétéssecrètes s’unirent les hommes qui depuis longtemps se pro-menaient d’utopie en utopie. Robert Owen était venu àParis, et,-dans une courte apparition, y avait formé quel-ques disciples. Des feuilles paraissant tous les mois, et necoûtant que trois ou quatre francs par an , se posèrentcomme les organes des doctrines communistes. A Lyon, leTravail ; à Paris , la Fraternité et le Populaire , prirentformellement cette couleur. Le Communitaire et l'Huma-nitaire se firent aussi connaître , l’un par un prospectus ,l’autre par quelques numéros qui ont servi de base à uneinstruction judiciaire. Divers procès, soit en police correc-tionnelle, soit devant une juridiction plus élevée, portèrentbientôt à la connaissance du public les premiers résultatsde ces divers efforts. Évidemment il n’y avait rien dans toutcela de bien redoutable : le ridicule de ces tentatives ex-cluait l’idée d’un danger; elles ne pouvaient faire naîtreque des frayeurs intéressées. On se souvient de cet incidentd’un procès communiste où le rédacteur en chef d’unefeuille incriminée déclara avec naïveté qu’il ne savait nilire ni écrire. A ce sujet, un homme qui prétend à quelquegravité, M. Pierre Leroux, a pris la peine de rappeler queles Montmorency en étaient, il y a deux siècles, au mêmedegré d'instruction élémentaire, et que le groupe des pre-miers apôtres se composait de plébéins ignorants. Il estglorieux sans doute de ressembler à la fois aux premiers