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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.

barons de la chrétienté et aux propagateurs de l’Évangile ;mais s’ensuit-il que le gouvernement du monde doive dé-sormais appartenir aux illettrés?

À tout prendre , ces communistes sans culture ne dépa-rent pas complètement la partie de ces sectes qui a uneteinture de l’alphabet et peut tenir une plume. Jusqu’iciles écrivains qui ont traité ces matières ne brillent ni parl’invention, ni par l’exécution. On 11e saurait être plagiaireavec plus de candeur, ni vivre d’emprunts avec plus de pré-tention à l’originalité. Le champ de l’absurde est borné ets’épuise plus promptement qu’on ne croit. Aussi rien,dans les œuvres récentes, ne s’écarte-t-il de la sphère destravaux passés ; il règne même, sur beaucoup de; points,une imitation presque servile. Le système auquel l’instruc-tion de la cour des pairs a donné quelque notoriété, et quidécrète l'anéantissement des grandes villes, la suppressiondes beaux-arts, l’obligation des voyages, l’organis.ation desateliers nationaux, en même temps qu’il tient, pour suspectel’existence de l’Etre suprême, ce système se retrouve en en-tier, avec scs moindres linéaments, dans Buouarroti, dansCampanella, dans Morelly, dans Sylvain Maréchal, dans lecuré Mcslier. Aucune de ces folies n’a le mérite de la nou-veauté : on a pu voir qu’elles comptent toutes une longuesuite d’auteurs et de copistes.

Cependant, meme au sein du plagiat, le schisme a pugermer : la vanité est moins rare que le génie. Dans cettearmée de novateurs audacieux, tout le monde veut être gé-néral, personne ne se résigne à servir comme soldat. Onchercherait vainement un parti, une école; il n’y a que desatomes d’école et de parti. Il suffit qu’un chef s’élève pourqu’il soit à l’instant désavoué. Une témérité,quelque grandequ’elle soit, provoque toujours une témérité plus complète.