DES IDÉES ET DES SECTES COMMUNISTES.
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alimentaire auquel le grand Icar a soumis la contrée. Quellesfacultés gastriques ne suppose pas la loi suivante, courte,mais expressive : « Avant-déjeuner, à six heures du matin.— Déjeuner à neuf. — Biner commun à deux heures. —Souper de neuf à dix heures du soir. » Voilà ce qui s’appellevivre. Il n’y a qu’une civilisation arriérée qui puisse se sou-tenir avec deux repas.
Il serait trop long de suivre lord Carisdall dans son pèle-rinage en Icaric et de raconter l'histoire de ses singulièresamours ; mais il est impossible de passer sous silence la thèseque soutient un sage du pays, Dinaros, en faveur du prin-cipe de la communauté. Ce vertueux Icaricn, l’orgueil desa patrie, semble surtout préoccupé du désir de se chercherdes complices dans l’univers. Le moindre mot en faveur del’égalité lui semble avoir la valeur d’une adhésion formelle,et il parvient à convertir ainsi en Icariens presque tous lesphilosophes passés et présents. Il est difficile de se tirer desmains de ce sage sans payer un tribut forcé à sa manie deprosélytisme : une phrase, un axiome, une généralité sou-vent fort innocente, lui suffisent pour compromettre un écri-vain; il voit des Icariens partout. Voici d’abord Agis etCléomène qui sont Icariens et communistes, puis Socrate,Pythagore, Plutarque, les Gracques, Grotius, Putïendorff,Locke, Montesquieu, Mably, Turgot, tous communistes. Lesage d’Icara va plus loin : il fait un communiste de Hobbes,qui disait que l’homme est un loup pour l’homme, ce quiéquivaut à proclamer la communauté des loups ; il appelleNapoléon un communiste, Bossuet un communiste. Was-hington n’échappe pas à cet enrôlement universel ; il estcommuniste avec Millon, avec Helvétius, avec Mirabeau,avec Payne, avec Coudillac et Condorcet. Les contemporainsauraient en vain l’espoir de se dérober aux étreintes de cette