DES IDÉES ET DES SECTES COMMUNISTES. 107
produire. Le premier écart amène des écarts successifs,d’autant plus graves que l’esprit a plus de puissance. Il estd’ailleurs difficile de comprendre comment des plumes dequelque valeur ont pu se mettre au service de doctrines quise basent sur le niveau absolu des intelligences. Certes, ledésintéressement est une vertu méritoire, mais il ne fautpas la pousser jusqu’à l’abdication des plus nobles facultésde l’esprit. Dans aucune charte communiste, il n’y a deplace pour les travaux de la pensée. La production brute,les besoins physiques y régnent despoliquement ; les créa-tions délicates, les salisfaclions raffinées n’y figurent quedans des conditions subalternes. On ne les reconnaît pasformellement, c’est au plus si on les tolère. Est-ce là unesituation que des écrivains puissent reconnaître sans man«jquer à leur propre dignité? Le communisme exclut leslettres, cl il trouverait dans les lettres des défenseurs etdes apologistes! On a de la peine à admettre une semblableconfusion d’idées et une telle erreur de conduite.
La dialectique fournit aussi de ces sophistes inconséquents,et en première ligne un écrivain qui se défend d’ètre com-munistes, tout en se déclarant l’adversaire implacable de lapropriété 1 . Telle est la logique des logiciens quand l’argu-mentation les emportes hors des réalités. Cette illusion leurest d’ailleurs commune avec diverses sectes qui ont la pré-tention d’introduire dans les sciences morales et sociales lesméthodes et les procédés des sciences exactes. Le bonheurhumain n’est à leurs yeux qu’une équation, compliquéesans doute, mais point insoluble ; les passions sont autantà'inconnues qu’il faut dégager, et toutes les relations desêtres peuvent se déterminer à l’aide de formules mathéma-
1 M. Prouithon, Qu’est-ce que la Propriété ?