DES IDÉES ET DES SECTES COMMUNISTES. 100
féconds, moine les plus dignes de respect, résisteraient àun examen qui, les isolant de leur milieu, les jugerait eneux-mêmes et intrinsèquement. Le monde ne marche pasparfaitement, cela est vrai, mais enfin il marche. Les dia-lecticiens voudraient l’arrêter brusquement, afin de luicommuniquer une impulsion en sens inverse, plus scienti-fique, suivant eux, plus conforme aux saines méthodes duraisonnement. Soit-, mais qu'ils donnent alors au maintiende l’ordre et de la civilisation une garantie, une seule, quiserait l’existence d’une population de docteurs décidée h selaisser gouverner par les lois souveraines de la lo-gique.
Ce gage est d’autant plus nécessaire, que les dialecticiensne craignent pas de se mettre eu contradiction avec eux-mêmes. Ainsi celui qui nous occupe, après avoir attaqué lapropriété avec une vigueur assez brutale, ne se montre pasmoins véhément envers la communauté. Dans la propriété,l’inégalité, d’après lui, résulte de la force sous quelque nomqu’elle se déguise, force physique ou intellectuelle ; dans lacommunauté, l’inégalité vient de la médiocrité du talent etdu travail glorifiée à l’égal de la force; équation injurieusequi révolte la conscience et fait murmurer le mérite. Voilàqui est bien ; mais, hors de la propriété et de la commu-nauté, y a-t-il un ordre social non-seulement, possible, maisencore présumable? Notre logicien ne recule pas devantcette difficulté, et, par une capitulation singulière, il veutfonder la possession sur les ruines de la propriété, Il n’yaura plus de propriétaires ; il y aura des possesseurs. Onpourrait demander à quelles sources la possession puiserason droit absolu ; mais il vaut mieux éviter les subtilités etpasser outre. Cette possession une fois substituée à la pro-priété, comment se déterminera-t elle, sous quelles condi-
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