116
ÉTUDES SUR LES HÉEOllM.lTEL'US.
les obligent à agrandir le cercle des améliorations réalisables.Quoi qu’il en soit, on aurait tort d’attribuer à cet accidentdes civilisations plus de valeur qu’il n’en a, et de le repré-senter comme plus dangereux qu’il n’est. On a déjà vupasser beaucoup de ces sectes qui, après une agitationstérile, ont désarmé devant le bon sens public ; le commu-nisme aura le même destin. Les systèmes qui mettent encause la société tout entière ne sont jamais bien dangereux.La tâche est toujours hors de proportion avec l’effort, etil existe dans l’ensemble des convictions et des intérêts uncontre-poids qui rend ces expériences inoffensives.
Ce qui l'ait justice de ces doctrines plus sûrement qu’au-cune persécution, c’est le vide dans lequel on les voit s’agi-ter. Il est aisé de reconnaître , dès le premier coup d'œil,que ces hommes qui veulent organiser un monde à leurguise ne connaissent pas les premiers éléments de celui quiexiste. Leur prétention est de fonder une société sansfamille, sans liberté, sans droit individuel. Tout leur idéalrepose sur un sensualisme étroit ; les besoins du corps yoccupent une telle place que l’àme en est presque exclue.La loi religieuse avait eu jusqu’ici l’admirable soin de mé-nager, hors de cette vie, des compensations aux misères quil’assiègent, misères physiques ou misères morales, et cesdernières ne sont pas les moindres ; le nouveau régime portela main sur ces illusions, les déclare indignes d’une raisonsaine et calme. L’homme est enchaîné à la terre ; c’est envue de la terre seule qu’il faut régler ses relations. Rien endeçà, rien au delà. Ainsi, par une logique exclusive, onarrive à ne tenir compte que du monde matériel cl à pro-poser comme modèle le régime qui gouvernait l’île de Circé.Il n’y a pas à s’étonner que, dans cette voie d’abaissement,on ait fait bon marché de la liberté, de la volonté de