DES IDÉES ET DES SECTES COÏtMUN'ISTES. 119
d'être armée d’une bien grande force pour vaincre les résis-tances. Où est cette force, et peut-elle sérieusement exister?Dans la plupart des combinaisons imaginaires qui viennentd’être parcourues, on ne semble pas prévoir la nécessité d’unpouvoir coaclif, et l’on fait reposer sur l’harmonie inaltérabledes volontés toutes les garanties de ce régime. Cependant lespectacle des sociétés actuelles n’invite guère à cette con-fiance au moins naïve. Pour y maintenir un ordre souventtroublé, ce n’est pas trop que d’avoir des tribunaux , desprisons, une police, des régiments. On se plaint de celleobligation de sévir, de cette lutte des esprits, de ce choc desactivités rivales ; mais en jetant un coup d’œil sur le globe,il est facile de se convaincre que les peuples animés de cesdispositions sont les seuls qui se fassent une place supérieureparmi les autres et président à la marche des civilisations.Aspire-t-on par hasard au bonheur indolent des Hindous, àla quiétude stationnaire de la Chine ? Les gouvernementsde discussion sont sujets à quelques misères, mais ils ontaussi une part de grandeur : ils forment les intelligences parle combat, par l’agitation, par le mouvement. Exposés à sevoir attaquer, ils acquièrent les facultés nécessaires pour sedéfendre. L’éducation publique s’achève ainsi, et de là naîtcette ardeur réfléchie qui semble être la dernière limite dela sagesse des nations.
Voilà ce qu’il faut comprendre lorsqu’on aspire à recon-stituer un état social, quel qu’il soit. Un peuple unanimedans ses idées n’est pas un point de départ que l’on puissegravement accepter. Les passions ne s’abdiquent pas. Sousquelque loi que l’on vive, il y aura toujours des ambitionsmécontentes, des désirs inquiets, des volontés rétives. Sic’est l’égalité que l’on proclame, il y aura des gens et engrand nombre qui voudront l’inégalité. On les comprimera,