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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.

d’une obéissance absolue. Un manufacturier met-ii en vi-gueur dans ses ateliers le système des trocs, ou diminue-t-il les salaires d’une manière onéreuse, à l’instant les chefsde l’Union s’assemblent et décident que les membres s’ab-stiendront de travailler dans cette fabrique jusqu’à ce quele faux et les conditions des salaires y aient été améliorés.L’action des chefs de l’Union sur les ouvriers qui en foutpartie est souvent plus exorbitante encore. Quand le travailmanque et que la concurrence menace d’influer d’une ma-nière fâcheuse sur le prix des journées, les chefs peuventcondamner à l’expatriation le quart, la moitié mémo desmembres de l'Union. Le hasard en décide alors, et ceuxqu’il désigne passent sans murmurer en Belgique ou enAllemagne. Au prix d’un pareil sacrifice la main-d’œuvrese relève ; ceux qui restent profitent du vide qu’a occasionnéle départ des autres.

Le chartisme, né au sein de ces Unions, en est la mani-festation violente; mais un autre élément a fortement con-tribué, depuis 1854, a fomenter celte révolte des classeslaborieuses. Cet élément est la nouvelle condition que laréforme du paupérisme a faite aux hommes qui vivaient àl’ombre de cet antique abus. On sait que la loi des pauvress’était perpétuée en Angleterre depuis le règne d’Élisabethjusqu’à nos jours sans subir de modification profonde. Parcette loi l’indigence était reconnue comme un titre et lacharité comme un devoir administratif. Chaque paroisseavait à nourrir ses pauvres, et ceux-ci quand elle y man-quait, pouvaient l’y contraindre judiciairement. Plus d’unefois, il en résulta des procès, tantôt de la part des indigentsqui réclamaient des secours de la paroisse, tantôt de la part’dé la paroisse qui, à force de chicanes, parvenait à faire ex-pulser de son sein de nombreuses familles d’indigents. La