LES UTIUTAIBES ET JÉIiÊMIB BENTHAM.
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ccttc voie. Depuis la philosophie sensualiste jusqu’à laphrénologie qui en est la dernièro expression , tout seressent de celte dissection générale des idées et de cetabandon des méthodes spiritualistes. On veut vérifier cequ’il y a de réel au fond des sentiments, savoir à quoi ilsservent, estimer ce qu’ils rapportent. Or les grands mobileshumains se reflètent dans les moindres incidents de la viesociale, et il se trouve déjà que rien ici-bas ne se dérobe àla loi souveraine du calcul. Partout où régnait le dévoue-ment, peu à peu le calcul se substitue : l’honneur militairen’est plus qu’un calcul ; la probité du fonctionnaire, l’inté-grité du magistrat, l’humanité du riche et la patience dupauvre, ne sont que des calculs. La moralité, la tranquillitépubliques ne sont pas garanties par le sentiment du devoir,mais par l’intérêt. Le jour où cet intérêt trouvera unecombinaison plus avantageuse dans le désordre et dans ladépravation, le lien qui uuitles hommes sera brisé, et il nesera plus possible de revenir au bien si ce n’est par i’expèsdu mal. On a beau fuir cette conclusion , elle découle in-vinciblement do la doctrine de l’utile et du système exposépar Bentham.
Cependant on ne saurait méconnaître, une fois cette ré-serve émise, tout ce qu’il y a de vigueur et de résolutiondans la secte des penseurs dont il fut le chef. Chez eux laconviction prend quelquefois un caractère de fanatisme quirappelle celui des plus hardis confesseurs de la foi religieuse.C’est ainsi que Malthus, l’un des plus implacables statisti-ciens qu’aient fait éclore les questions morales et sociales,imagina une loi d’équilibre entre le mouvement des popula-tions et celui des subsistances ; c’est ainsi qu’après l’avoirfondée sur des calculs très-suspects à d’autres yeux que Jessiens, il ne craignit pas d’ajouter à son système, comme