Buch 
Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
Entstehung
Seite
163
JPEG-Download
 

LES liTILITAIHES ET JÉKÉMIB BENTHAM.

103

nivers lo secret de ses mytérieuses lois, Bcnthain vivait àune époque où la liberté de la pensée n’existait en matièrepolitique que sous la double menace d’une pénalité rigou-reuse et d’une sorte de réprobation sociale. On ne compre-nait pas l’étude politique pour elle-même, en vue de la jus-tice et delà raison. La tactique régnait partout; la consciencen’était nulle part. Les traditions de Walpole avaient contri-bué à jeter un nuage sur les questions de cet ordre, et lemot de politique semblait avoir perdu toute valeur, horsdes manœuvres parlementaires et ministérielles. Voilà dansquelle situation se trouvait cette science quand Benthamrésolut d’y porter le flambeau. Le premier résultat de cedessein fut le Fragment sur le gouvernement , dans lequelles sophismes de Blackstone furent démasqués avec unevigueur peu commune et un mérite de forme assez rare.C’est en effet à ces premiers travaux de Bentham qu’il fautrecourir quand on veut le juger comme écrivain. On ytrouve une langue aussi élégante qu’expressive , et la sim-plicité unie à la distinction. Le philosophe était fort inégaldans son style, qu’il regardait comme un objet secondaire ;mais toutes les fois qu’il a voulu donner quelque soin àcelle partie de sa composition, elle a acquis sous sa mainune valeur et des qualités très-recommandables.

Bentham avait l’habitude de consigner sur un registreparticulier ses pensées fugitives à mesure quelles se pré-sentaient à lui. En se reportant à la date de 1772 à 1773,voici ce que l’on trouve sur ce mémorandum. Il n’est passans intérêt de fixer ici, par quelques citations, les disposi-tions d’esprit du jeune philosophe, et le tvavail intérieurauquel il était livré :

Abus et usage.

« L'abus d’une chose est tout autant l’effet de la posses-