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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.
convenables. C’est ainsi que lorsqu’on a fixé, à l'aide d’unétau, un bloc de bois, on peut le polir à l’aise, tandis quesi on ne commence pas par l’assujettir, il glisse entre lesdoigts et devient rebelle sous la main de l’ouvrier. »Pensées.
« Le peuple est mon César, et j’en appelle du Césaractuel à un César mieux informé.
» L’indépendance n’est pas dans la fortune, mais dansl’esprit.
» Les intérêts de mes amis me sont chers, mais l’intérêtpublic passe avant tout. C’est ainsi que je sers mes amis;c’est ainsi que je veux être servi par eux.
» Il n’est point de fléau pire pour un État que le zèlereligieux dépourvu de moralité.
t> Je me passe volontiers de la compagnie du peuple;mais je ne puis me passer de son estime.
» L’invention est de l’érudition digérée; les citationssont de l’érudition indigeste. »
La publication du Fragment sur le gouvernement eutlieu en 1776. Cet opuscule, d’abord anonyme, fut envoyéà toutes les célébrités du temps, à lord Mansfield, à lordCamden, à lord Àshburton. Blackstone n’avait jamais ren-contré un adversaire plus vigoureux, et le Fragment fitscandale. On se demandait quel était l’auteur qui s’atta-quait à une réputation si solide et ne s’inclinait pas devantune si grande autorité. Bentham ne voulait pas se nommer,mais la vanité paternelle le trahit. Le notaire ne put dissi-muler sa joie, et le jeune auteur ne jouit pas longtemps del’incognito. Dès lors il se vit en butte h une foule d’ana-thèmes. On lui reprochait, en politique et en morale, desopinions peu orthodoxes; on accusait scs intentions, onincriminait .jusqu’au mystère dont il s’était d’abord enve-