LES UTILITAIRES ET JÉRÊKIB BENTHAM.
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ioppé. Plusieurs libelles de l'époque furent mis sur soncompte,et entre autres une traduction du roman de Voltaireintitulé le Taureau blanc. Il faut dire que cette dernièreimputation ne manquait pas entièrement de vérité. Bent-ham n’avait fait d’abord qu’indiquer à Lind la fantaisieoriginale de l’auteur français ; mais Lind était si indolent,et sa traduction si peu satisfaisante, que Bentham, à forced’amender la version anglaise et d’y ajouter quelques para-graphes, en devint le véritable auteur. On en parla dans cesens, et les critiques mêlèrent le nom do Bentham à l’ap-préciation de l’opuscule. Cette traduction ne fut pas laseule dont notre philosophe eut à s’occuper. En 1777, il fitpasser dans la langue anglaise un volume de nouvelles deMarmontel, qui lui fut payé par un libraire du Straud àraison de trois guinées la feuille. Quelques lettres de d’A-lembert et du chevalier de Chastellux prouvent qu’il avait,dès ce temps, des relations suivies avec les savants et lesbeaux esprits de France.
Cependant une circonstance décisive allait fixer la car-rière de notre penseur ; en 1781, on le voit devenir l’ami,le commensal de lord Shelburne, depuis marquis de Lüns-downe. C’est à Bowood, dans la résidence de ce seigneur ,que Bentham fréquenta les hommes les plus célèbres de cesiècle sur le pied d’une intimité familière. Lady Shelburne,qui mourut en 1789, prit le jeune auteur sous son patro-nage et l’honora d’une amitié puissante. Si Bentham avaiteu une ambition vulgaire, le chemin des honneurs et desdignités lui était ouvert. Aucun obstacle ne lui en fermaitl’accès, un monde nouveau se déroulait sous ses yeax et l’é-blouissait par mille prestiges. L’homme qui le Comblait d’a-mitiés et dont il fut le seul confident dans les douleurs defamille, lord‘Shelburne, fut nommé premier ministre pèu