178
ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.
sodés pareils : c’est là que sir Samuel Romilly trouva etchoisit la compagne de sa vie, celle dont la mort devaittroubler sa raison jusqu a le conduire au suicide. Mais dansles amours de ces deux hommes se retrouve la différence deleurs caractères et de leurs points de vue. Romilly, en es-prit sage, qui sait mesurer ses prétentions et peser lesconvenances, lit un choix en harmonie avec sa position, avecsa naissance. Il porta ses vues sur la fille d’un manufactu-rier éminent, l'une des beautés les plus remarquables decette époque. L’alliance était assortie comme nom et commefortune ; aussi eut-elle lieu, non sans quelques obstacles etquelques délais. Quant à Bentham, il éleva scs prétentionsinfiniment plus haut : le sentiment des distances lui échap-pait. 11 adressa ses hommages à une jeune fille de noble etpuissante famille. Ce qui l’attira vers elle, ce ne fut ni larichesse ni le rang ; il obéit, alors comme toujours, à sonseul instinct. Entre deux âmes qui sympathisaient, il necroyait pas que le monde pût mettre une barrière de con-vention. C’était toujours la même candeur, le même dédainpour les préjugés sociaux. Il fallut pourtant en rabattre; lemariage était impossible. Bentham s’en consola en écrivant,soit directement, soit indirectement, quelques lettres à cesujet, et cette correspondance amoureuse n’est pas le moinscurieux échantillon de l’originalité de notre philosophe.Aucun aveu direct n’y est exprimé ; mais un amour con-tenu s’y trahit à chaque ligne. Plus d’une habitante de Bo-wood reçut en outre les confidences de ce cœur blessé, entreautres lady E. G., à qui Bentham écrivait en forme d’allu-sion le post-scriptum suivant :
« O chère ! chère ! que j’ai donc été bien inspiré de par-ler de l’Écossc ! cela m’a mis sut la voie d’un «on ge char-mantf Avez-vous,' madame, entendu parlet' 1 quelquefois de