LES UTILITAIRES ET JÉKJÈMIE BEKTHAM. ÎS3
grands esprits? Ou ue saurait le dire. Toujours est-il qu’a-près s'èlre tenu vingt ans sur celte réserve, notre philoso-phe crut devoir enfin adresser sa demande : il avait alorscinquante ans. Il esta regretter qu’avec son ordre habituel,Bentham n’ait pas conservé une copie de cette pièce. Sansdoute il en avait fait un plaidoyer en forme, un chef-d’œuvre d’argumentation comme les soixante et une pagesadressées à lord Lansdovvue. Il devait, au point de vue de saméthode, y prouver futilité de ce mariage, en analyser lesavantages sans en déguiser les inconvénients. Mais si la de-mande est perdue, la réponse a été conservée. Elle honorela personne qui l’a écrite, et témoigne à quel point c’étaitun noble cœur et une télé sensée. Dans ces quelques ligneson peut s’assurer qu’un pareil choix était digne de Bentham.Après avoir expliqué pour quels motifs, à son âge, elle nepouvait accepter l’honneur que sou vieil ami voulait luifaire, elle ajoute :
« Pour me rassurer maintenant, il faut que, sans; délai,vous repreniez les occupations qui illustrent votre nom etdont l’humanité doit tirer tant de profit. J’ai trop long-temps, et Dieu sait que je n’y ai point mis d’intention,troublé votre tranquillité; il ne faut pas que j’y ajoute le tortde priver le pays de vos travaux et d’affaiblir la trempe d’unesprit comme le vôtre. Oui, j’ai souvent entendu dire queles célibataires seuls sont capables d’accomplir de grandeschoses. Je vous en prie, chassez le souvenir de cette passionqui ne peut qu’énerver et faire dévier votre génie* Le tempsque vos éludes n’ahsorheront pas, cons^qz-lc à vos avilisde Russell-Square. Il n’y a pas un hompe au monfjq, quivous soit plus,sincèrement altaché que,M. Rpyill&jj.Lt.pn-eiôléde.sa femme est aussi des plus agréables-, 5 qt, desjp^ssûres, Faites cela pour moi,,et laissez-moji, qspçiyjf; que