LES OTIUTAUIES ET JÉKÉM1E BENTHAM.
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les siècles, et de n’avoir pas compris la portée de la trans-formation qui s’opérait. Si je ne me trompe , il serait pos-sible d’obtenir d’eux, fùt-ce sous serment, une déclarationqui , sans blesser leur conscience , donnerait au nouveaurégime toutes les garanties désirables et possibles. En posi-tion de le faire, je prendrais l’initiative de cette motion.Quand même je serais assuré qu’il n’en est pas un seulparmi eux qui ne soit l'irréconciliable ennemi de l’ordrede choses existant, quand même je serais destiné à tomberla première victime de cet acte de clémence, je n’en propo-serais pas moins la mesure, je ne la défendrais pas moins.Tout châtiment inutile est un châtiment illégal : une guerrecivile ne doit avoir d’autres suites que la soumission de laminorité, et pour sévir contre le parti vaincu avec quelquejustice, il faut non-seulement prouver qu’il a le désir detroubler l’État, mais encore qu’il a la puissance de lefaire. »
C’est toujours avec cette indépendance de pensée queBentham jugea les événements contemporains, disant la vé-rité aux peuples comme aux rois. Ses Mémoires nous révè-lent à ce sujet un faitassez ignoré. En 1789,George III crutqu’il était d’une bonne politique de rompre l’alliance quiexistait entre la Russie et le Danemarck. A cet effet ils’arma, comme prétexte, de la prise d’Oczakoff que les Rus-ses venaient d’enlever aux Turcs , ce qui, d’après le royalpubliciste, portait atteinte aux traités et dérangeait l’équi-libre de l’Europe. Cependant le roi d’Angleterre se con-tenta d’abord d’envoyer sous un nom supposé à la Gazettede Leyde quelques articles où il conseillait au Danemarckde se détacher de la Russie pour se rapprocher de l’Angle-terre ; mais , jaloux d’aider à l’effet de ce document, il fitpresqu’en même temps ouvrir par l’ambassadeur Elliot