LES UTILITAIRES ET JÉRÉMIE BENTHAM.
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beaucoup aux divers essais pénitentiaires qui ont été intro-duits depuis lors, tant en Amérique qu’en Europe. Benthamne s’était pas contenté de tracer les lignes principales de sadécouverte ; il avait pris la peine d’en régler les détails ,d’en préciser l’ordonnance de la manière la plus minutieuseet la plus complète. Divers plans et devis, exécutés par desarchitectes habiles, retraçaient la prison modèle avec toutesles coupes de l’édifice et les distributions inlérieuses. Cestravaux préparatoires coûtèrent à Bentham plus de millelivres sterling ; mais aussi, quand la question fut présentéeau parlement, des éludes aussi achevées en rendirent l’exa-men facile. Repoussé à une première lecture, le projet futaccueilli à la seconde, et ne fut écarté que par l’oppositionformelle de la couronne. Bentham fut longtemps inconso-lable de cet échec : il avait parlé de son panoplicon avectant d’enthousiasme, en tous lieux et à tout le monde, queson amour-propre était directement engage dans cette af-faire. Une somme assez forte qu’on lui donna pour l’indem-niser n’adoucit par ses regrets. Dans bien des occasions ilreparla de sa prison-modèle et toujours avec amertume. «Jen’aime pas à jeter les yeux sur le dossier du panopticondisait-il à ses amis; c’est comme si j’ouvrais un tiroir danslequel seraient cachés des diables. C’est mon frère qui lepremier me donna l’idée de l’architecture de ma prison :il l’avait empruntée aux Mougiks ou paysans de la Russie.Dans cet édifice, la surveillance eût été simple, aisée, per-pétuelle. Quel dommage, ajoutait-il, avec un soupir, queldommage ! » Du reste, cette institution ne fut pas la seulequi occupa l’imagination de Bentham ; il avait en outresongé à l’établissement d’écoles chrestomatigues, qui avaientpour but d'imprimer à l’éducation un caractère moins en-cyclopédique et plus professionnel. Insensiblement iCet