LES UTILITAIRES ET JÉRÉMIE BENTHAM.
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! lupté ou se résigne à la peine, c’est une satisfaction quel-conque qu’il a eu vue, prochaine ou lointaine, louable ou| dépravée. On nomme donc un mal la douleur, un bien le\ plaisir. Dès lors l’utilité n’est autre chose que la tendance ài nous préserver d’un mal , à nous procurer quelque bien.
I Pour l’individu, pour la communauté , ce qui tend à aug-? menter la somme du bien, à diminuer la somme du mal,est une chose utile.
i Le principe de l’utilité étant ainsi défini, tout hommedoit sur-le-champ comprendre, ajoute Bentham, que la loimorale en découle d’une manière invincible. Ce qui estmoral est utile, ce qui est immoral est nuisible. L’utile estle beau, le bon, le juste; le nuisible est le laid, le mauvais,l’injuste. On nommera bon ce qui augmente nos plaisirs etdiminue nos peines ; ou nommera mauvais ce qui engendreplus de peines que de plaisirs. Et remarquez, poursuit Bent-ham, que je prends ces mots plaisir et peine dans leursignification la plus vulgaire. Je n’invente point de défini-tions arbitraires pour donner l’exclusion à certains plaisirs,pour préconiser certaines peines. Je ne veux consulter niZénon ni Épicure pour savoir ce qu’est le plaisir. J’appelleainsi ce que chacun sent et appelle de ce nom, le paysancomme le prince, l’ignorant comme le philosophe.
On devine que l’utilité de Bentham, érigée en principeuniversel, ne peut être ni l’utilité personnelle ni même l’u-tilité nationale, elle a un caractère moins exclusif. C’est la: véritable et infaillible utilité, et, peu s’en faut, la pierrephilosophale. Non-seulement elle aidera à connaître ce quidoit procurer plus de bien que de mal à l’individu, maisencore h la nation et même à l’espèce. Seule, elle permet-tra de classer enfin d’une manière sensée les vertus et tevices qui jusqu’ici ont été fott arbitrairement délinis! s Ou