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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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appellera vertu ce qui est utile à la société, vice ce qui estnuisible. « Si, dans le catalogue banal des vertus, dit Bent-ham, il se trouve une action de laquelle il résulte évidem-ment plus de mal que de bien, il ne faut pas balancer àregarder cette prétendue vertu comme un vice. » Parexemple, le courage. Avec raison, on le regarde commeune vertu quand il s’applique à la défense du pays ; maisfaites-le servir à des conquêtes injustes ou à une oppres-sion violente, et à l’instant même il devient un vice. Demême, dans la liste des vices s’il se rencontre une action in-différente ou un plaisir innocent, pourquoi condamner cequi ne fait aucun mal ni à l’individu ni à l’espèce?

Quand Bentham expose une idée, on sait avec quel soinil la développe. La balance du bien et du mal pour lesactions humaines était un travail hérissé de difficultés. Il aessayé de les vaincre dans un tableau des peines et desplaisirs 1 que peut éprouver l’homme, soit comme individu,soit comme membre de la famille et de la communauté.Prévoyant ensuite les objections qui lui seraient faites, d’a-vance il a cherché à les réfuter. II divise en deux classes lesadversaires du principe de l’utilité ; les uns enclins à l’ascé-tisme, les autres à l’arbitraire. Par l’ascétisme, notre pen-seur entend non-seulement le renoncement religieux, maisencore le stoïcisme philosophique. Quiconque prêche l’abs-tinence au lieu de la satisfaction est à ses yeux partisan del'ascétisme. Une telle doctrine est, suivant lui, incompatibleavec la destinée terrestre, et il n’a pas de peine à faire voirce quelle renferme de mensonges et d’exagérations. Lesautres adversaires du principe de l’utilité sont ceux qui sedéterminent par un sentiment arbitraire, et ne veulent

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1 Traité dé UgükUion, chap. vuiP- ' on : .-.•••