ÉTUDES SIK I.ES RÉFORMATEURS.
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teudu? La verlu, quand elle est éclairée, n’est guère quele sacrifice d’un intérêt moindre à un intérêt majeur, d’unintérêt passager à un intérêt durable, d’un intérêt précaireà un intérêt assuré. Donc la vertu n’est souvent que lemeilleurs des calculs : elle implique dans tous les cas le res-pect de ce qui est utile aux autres et à nous-mêmes : auxautres, parce que c’est l’unique moyen d’obtenir qu’ilsrespectent ce qui nous est utile; à nous-mêmes, parce quec’est le moyen d’obtenir directement ce qui doit nous pro-fiter. Quant à la vertu qui ne sert à rien, qui prescrit despratiques sans motifs, elle n’est bonne, comme dit Hume,qu’à mettre au calendrier.
Telle est la célèbre doctrine de l’utilité; tels sont, en ré-sumé, les arguments sur lesquels Bentham l’appuie. Qui nevoit par où pèche cette conception? Le premier inconvé-nient qu’on y découvre est celui dans lequel tombent lesesprits absolus. Tous ils sont en quête d’un principe uni-que pour le gouvernement des sociétés, tous ils imaginentune panacée et la déclarent propre à guérir nos mille souf-frances. Hobbes, avec l’antiquité, a pour idéal i’obéissance;Harrington adopte une loi d’équilibre; certaines sectes mo-dernes, l’harmonie ; les nivcleurs chartistes et communistes,l’égalité sans limites. Bentham est pour l’utilité; le chris-tianisme, pour la charité. Évidemment chacun de ces mobi-les a du bon, mais ils ne peuvent être tous à la fois la règleunique des hommes et l’inconnue du problème social. Lesinventeurs de systèmes sont d’impitoyables Procustes : quandleur thème est fait, il faut que tout s’y adapte, de gré oude force ; ils étirent ou retranchent ce qui n’a pas les di-mérisions exigées. Le tort de Bentham, comme celui desautres sectaires^ a 'été de forcer souvenir la démonstration
de son idée; dé lui attribuer tin caractère 1 élelusif et univer-ih il