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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.

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ne rapporte, et les intérêts que froisse une rupture seronttoujours hors de proportion avec ceux qu’elle aura pour butde venger ou de défendre.

Ainsi vont les choses, et pourtant il serait d’une impré-voyance extrême de se fier à ce calme apparent. Les pas-sions humaines ont ménagé plus d’une surprise aux géné-rations antérieures, et de ce quelles sommeillent, il ne fautpas s’imaginer quelles soient mortes. Le point d’honneurest toujours vif parmi les nations, et bien des malentenduspeuvent s’élever entre elles. Naguère encore on contestaità un peuple le droit de disposer de lui-même; cette préten-tion ne peut-elle pas renaîlre et se traduire en voies defait? Il ne faut pas se plaindre de ces dispositions ombra-geuses; elles font partie des titres d’une race, elles indi-quent un caractère fortement trempé. Il vaudrait mieux, àla rigueur, une susceptibilité exagérée qu’une résignationapathique; car céder toujours est un mauvais moyen dcloi-gner lalutte.

Sans doute rien n’est plus charmant que l’idylle, mais ilne faut pas être seul à en faire. Il est bien d’enseigner lecosmopolitisme et de convier les peuples à détruire les bar-rières qui les séparent : seulement, il importe de ne se li-vrer à un pareil jeu qu’avec précaution et en se tenant surla défensive.Si en effet,pendant qu’on célèbre ainsi la con-corde, d’autres entonnent un chant de guerre; si d’un côtéon transforme les glaives en socs de charrue, tandis que del’autre on les aiguise, il est évident qu’on se prépare unepaix semblable à celle dont parle Tacite, la paix de la soli-tude. Oui, la modération est la première des vertus; 1 il y apourtant quelque chose au-dessus d’elle, c’est l’indépen-dance. Tout en ne défiant personne, il faut se tenir prêt àrépondre à tous les défis. On a beau se promettre de nôtre