LES HUMANITAIRES.
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En d’autres termes, Jésus-Christ a précédé M. PierreLeroux, comme la charité a précédé la solidarité. Dans lasolidarité se trouve donc le principe supérieur que l’auteurdu livre De l'humanité est venu révéler au monde, et quiconsiste à s’aimer dans les autres et à aimer les autres danssoi, car s’aimer ainsi, c’est aimer Dieu. L’homme cessealors d’être isolé ; il n’a plus une famille isolée, une pro-priété isolée. Son moi se retrouve dans toutes ces choses ; ilreçoit des autres et leur donne, les a tous pour objet et està tous leur objet. Il a, c’est toujours l’auteur qui parle,cettepossibilité de vivre dans la nature, c’est-à-dire dans l’é-goïsme, et pourtant de vivre dans l’humanité, car con-naissant sa loi, il réalise cette loi par la politique et le gou-vernement.
« Doue, ajoute le révélateur, dans l’enthousiasme de sa» découverte, la société temporelle qui, jusqu’à présent,» n’avait pas de principe religieux, en a un. L’Église peut» cesser d’exister. Ce qu’elle avait mission de faire est de-» venu notre propre mission. L’Église n’était réellement,» dans les desseins de la Providence, qu’une figure de la» grande Eglise qui réunira dans son sein ce qui avait été» faussement séparé jusqu’ici, le règne de Dieu et le règne» de la nature 1 ! »
Voilà une ambition bien grande pour un mot substitué àun autre, sans qu’on puisse voir précisément en quoi l’ave-nir de la solidarité différera de celui de la charité. Du reste,une fois entré dans la sphère des témérités, l’auteur nes’arrête plus. D’un trait de plume, il supprime l’enfer et leparadis, l’expiation et la récompense, et déclare que la terren’est pas hors du ciel. Ici commence une suite de çhapitpçs
1 De l'Humanité, page 219.