LES HUMANITAIRES.
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et dans la nature de l’homme que cet instinct persiste.Qu’est-ce à dire, et de quoi se compose la vie?N’est-el!e plusun combat perpétuel contre les instincts les plus vifs? N’est-il pas dans la destinée de l’homme de trouver presque tou-jours, à côté du penchant, un devoir; à côté de toulejouissance, une restriction? Dérober ce qui plait est unmouvement instinctif : d’où vient que la réflexion le maî-trise ? Désirer une femme est un mouvement spontané etinvolontaire, s’ensuit-il que la promiscuité doive être con-sidérée comme la loi des relations entre les sexes ? Pourdominer les appels des sens et les inspirations de l’égoïsme,l’homme a besoin de lutter ; mais où serait le mérite sansla lutte, où serait la liberté ? La résistance aux instincts est.le plus beau titre de l’homme *, hors de là on retombe dansce fatalisme dégradant qui accompagne l’obéissance auximpulsions naturelles.
L’auteur du livre De l'Humanité' ne semble pas pardonnerau christianisme de prendre son point d’appui hors de cetteterre, et d’offrir à l’homme, comme perspective et commerécompense, les joies d’un monde meilleur. Cette explicationdu problème de la vie lui paraît erronée, et il en donne uneautre pour faire suite à la théorie de la solidarité. Quand onest révélateur complet, il convient en effet de tout régler, dansl’ordre surnaturel comme dans l’ordre naturel. Cependant cesont là des entreprises téméraires, et le vertige gagne facile-ment la pensée, quand elle gravit de telles cimes. Le voile quicouvre nos existences est toujours bien épais , et si nousavons puisé dans l’éducation de l’esprit et dans l’expériencedes siècles quelques notions plus vraies sur la pratique de la.vie, sur son but social, sur son caractère définitif, sinous entrevoyons d’une manière plus claire le rôle que l’hu-manité est appelée à jouer sur ce globe, il faut avouer que