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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.
notre puissance s’arrête là , et qu’une fois hors des sphèresqui lui sont assignées, notre raison s’agite, sans point d’ap-pui, dans un cercle d’hypothèses aventureuses. Cette ardeurà poursuivre une solution impossible prouve autant lavanité de nos efforts, que la grandeur de leur objet. En detelles matières, la véritable philosophie est celle qui avoueson impuissance ; la fausse philosophie a plus d’ambition etmoins de scrupules.
Dans le système surnaturel de notre auteur, il ne fautpas que l’homme porte son regard hors de la terre. Lavie future, c’est la vie actuelle, avec quelques douceurs deplus et un mouvement incessant vers la source de toute gran-deur et de toute joie : vers Dieu. Telle est notre immortalité.Certes, la perspective n’excitera qu’un médiocre enthou-siasme : le séjour terrestre n’est guère fait pour engendrerdes regrets profonds. Encore si la vie future continuait com-plètement la vie présente, on pourrait se plaire dans l’idéede retrouver un jour les souvenirs qui nous sont chers, leslieux familiers, les personnes aimées. Par un certain côtéle cœur se rattacherait à cette idée de renaissance. Les êtresdont la mort brise les liens auraient la chance de se rejoin-dre, de se revoir. Hélas ! la nouvelle métempsycose n’invitepas même à un tel espoir : les êtres reparaissent, dans leuridentité, mais la vie nouvelle ne se rattache en rien aux ma-nifestations antérieures. On a une suite d’existences isolées,sans lien entre elles, et n’ayant pas la conscience les unesdes autres. Ainsi le veut l’inventeur de ce système : il fautque l’humanité s’y résigne. Elle est vouée désormais au sup-plice que les poètes païens infligeaient à Sisyphe et auxDa-naïdes.i elle roulera éternellement le même rocher et rem-plira Ia,tu,êinc cuve sans fond. Toutefoisau point de vuenumérique, cette explication de la vie future offre quelques