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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.
timent des réalités les esprits que l’on égarait à la poursuited’un perfectionnement imaginaire.
Il ne faut pas croire d’ailleurs que l’effet de ces doctrinesse soit renfermé dans un petit cercle d’initiés qu’animait unenthousiasme irréfléchi ou que tourmentait une vanité voi-sine de la démence. La partie sensée de la société ne s’estpas dérobée, autant qu’on le croit, à ce contact ; elle a subi,à son insu, cette influence délétère. Au fond des problèmesqu’elle agite ou des évolutions qu’elle accomplit, se retrou-vent une pensée, une impulsion dont elle aurait dû mieuxse défendre. On dirait quelle cède tout en blâmant, etqu’elle ne résiste pas à ce quelle raille. Pour s’en convaincre,il suffit de voir quels thèmes de discussion l’utopie a intro-duits parmi nous, h quel langage elle a donné crédit etavec quel entraînement nous la suivons sur un terrain quin’est pas le nôtre. Cela se conçoit. L’utopie nous a surprisdans une heure de trouble, quand, éprouvés par deux ré-volutions, nous sentions le sol fléchir sous nos pas et ne sa-vions plus où rattacher nos croyances. L’occasion étaitbelle, la chance favorable •, l’utopie en a profité. A un désor-dre ancien elle a ajouté un désordre nouveau, et a pu ainsiébranler sur quelques points une civilisation qui semblaitdouter d’elle-mème. Quels coups a-t-elle portés? Quels ra-vages a-t-elle faits ? Comment a-t-elle trouvé, pour cetteœuvre de destruction, des alliés inattendus et involontaires?C’est ce que ce livre explique et ce qu’en peu de mots jevais résumer.
C’est à l’utopie que nous devons ces controverses dont la re-ligion fait les frais et où, pour en venir plus sûrement à bout,on l’étouffe sous des baisers perfides. Toute époque a eu seshérésiarques, mais autrefois ils marchaient à découvert etrendaient leur dessein manifeste. Un schisme d’ailleurs, ne