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ÉTUDES SUE LES RÉFORMATEURS.
guerre : il dispense les emplois et pose les limites dans les-quelles doit s’exercer la pensée; supérieur aux lois, il estinfaillible et invariable. Vraiment, c’est à ce point de vuequ’un souverain serait, comme l’ont dit les courtisans detoutes les époques, l’équivalent d’un Dieu sur la terre. Onne saurait imaginer une abdication plus formelle de tous enfaveur d’un homme ou d’un corps constitué.
L’exemple de Hobbes est le témoignage frappant deserreurs où peut conduire l’abus de la logique. 11 faut croireque les troubles de l’époque avaient réagi sur cet espritvigoureux, et qu’au milieu de l’absence de tout frein cl detoute loi, il désirait pousser ses contemporains vers l’exagé-ration contraire. A l’aspect de tant de passions déchaînées,il s’était demandé si la terre n’était pas en effet peupléed’animaux féroces qu’il fallait museler par des institutionsarbitraires. Cette manière d’envisager la société, en no s’i-solant pas suffisamment de circonstances accidentelles, dutfaire de Hobbes un juge partial et un critique prévenu. D’unpoint de dépar t excessif, il fut ainsi entraîné vers des con-clusions effrayantes. Il glorifia l’absolutisme, et le présentaau globe comme sa seule planche de salut; il ne laissa auxgénérations humaines, dans le présent comme dans l’avenir,d’autre alternative que celle d’un éternel déchirement oud’une abjection éternelle. Il n’admettait pas que l’harmoniepùt aussi bien naître de l’éducation des peuples que deleur assujettissement, du concours des volontés que de leursoumission. Il ne croyait ni à la perfectibilité de l’espèce,ni à l’amélioration du milieu dans lequel elle est destinée àvivre. Ce sont là des ellipses qui condamnent irrévocable-ment le système de ce philosophe, et font de lui une sorteiHIéraclile décidé à ne voir que le mauvais côté des chosesd'ici-bas.