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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.
proclame l'infaillibilité d’un simple mortel., il faut au moinsnourrir l’illusion qu’à quelques égards il pourra justifier ceprivilège exorbitant, celte immunité excessive. Mais icirien de pareil : Hobbes déclare tous les hommes méchants,et en même temps il veut qu’il y en ait un d’infaillible.Explique qui pourra ces contradictions !
Une autre chimère de Hobbes, c’est de voir dans un ré-gime arbitraire le gage d’une paix assurée entre les hommes.Historiquement c’est le contraire qui est prouvé. On peutlire dans les annales du monde à quels bouleversements lepouvoir absolu l’a livré sur tous les points, dans tous lestemps. Ces hommes qui disposaient souverainement du sortde leurs semblables, et qui n’avaient en face d’eux ni con-trôle ni contre-poids, ont presque tous dépassé la mesured’une oppression supportable, et la révolte est née des excèsd’une autorité sans limites. Quand celte explosion n’éclataitpas à l’intérieur, les princes absolus trouvaient d’autresmoyens de compromettre la paix du monde. Ils faisaientpayer aux peuples la folle enchère de leurs vanités et deleurs défis de souverain à souverain. Le plus futile prétexte,un caprice d’ambition, une querelle d’étiquette, suffisaientpour engager les nations dans d’interminables guerres, et ils’ensuivait alors la situation d’écrite par le poëte latin :
Quidquid délirant reges, plecluntur Achivi.
Ainsi, la donnée de Hobbes n’est pas seulement inadmis-sible au point de vue abstrait, elle reçoit, en outre, de lapart des faits le plus complet démenti ; elle ne remplit pasl’objet quelle s’est proposé ; elle n’affranchit pas du désor-dre. On a beau immoler à ses pieds la liberté des individus,leur dignité, même leur conscience, ces sacrifices sont in-suffisants et n’atteignent pas leur but. La société demeure ce