26 G
ÉTUDES suit LES RÉFORMATEURS.
se manifestèrent dès lors d'une manière plus ouverte, et dansune occasion importante il se rangea du parti du roi, endéclarant que la mesure des concessions était comblée. C’enfut assez pour lui faire encourir la disgrâce de Cromwell etdes parlementaires. On s’alarma de cet attachement quiéclatait d’une manière aussi hardie, et on priva le roi de lacompagnie de l’homme qui avait su adoucir sa captivité.Harrington ne revit plus Charles qu’à Saint-James, et dansle triste jour où le souverain monta sur l’échafaud. Avantle moment du supplice , l’infortuné monarque honora sonami d’un dernier souvenir. Voici ce que dit Aubrey, écri-vain contemporain, au sujet de celte scène. « Harrington se» trouvait sur l’échafand meme quand le roi fut exécuté.
» A diverses fois, il m’a, depuis ce temps, parlé de Charles I er«< dans des termes de dévouement et d’affection incroyables.
» Sa mort fut pour lui le sujet d'un tel chagrin, qu’il en fit
une longue et dangereuse maladie. » En effet, ce lamen-table spectacle affecta Harrington au point qu’il ne se relevajamais de cette secousse. On le vil tomber dans une mélan-colie profonde , et se renfermer dans une retraite absolue ;on craignit d’abord que ses facultés intellectuelles n’eussentété dérangées, et l’on ne se rassura que lorsqu’on le vitreprendre ses études avec plus d’ardeur et d’opiniâtreté quejamais.
Dès ce moment commence pour lui une période nouvelle.Il a vu ce que la société réserve à ceux qui aspirent à y jouerun rôle; il a le sentiment complet d’un état meilleur quecelui qui prévaut. Peut-être la scène récente a-t-elle laissédans son esprit quelques dispositions qui ressemblent à uneidée fixe, et qui, sans avoir le caractère d’un trouble mental,déterminent néanmoins un autre ordre d’impressions quecelles du bon sens vulgaire. Pour la moyenne des intelli-