a l’acauémje FRANÇAISE. 437
tances difficiles, que le respect pour la qualitéd’homme était toujours et votre premier mouvementet votre premier devoir.
Une nouvelle carrière s’ouvre devant vous. Cesmêmes peuples, qui vous ont vu avec étonnementdessiner les monuments antiques que leur indiffé-rence foule aux pieds, vous reverront, trop tôt pournous, honoré de la confiance d’un prince, leur fi-dèle et généreux allié. La politique de l’Europe (dumoins celle qu’on avouait) fut longtemps dirigéecontre cet empire, alors redoutable , et aujourd’hui,celle de plusieurs Etats semble chercher à le soute-nir ou à le défendre: mais, ce qui doit honorer etnotre pays et notre siècle, elle ne veut employer quedes moyens avoués par la justice et conformes à l’in-térêt général de l’humanité. Menacé par des nationspuissantes et éclairées, le trône des Ottomans nepeut subsister s’ils ne se hâtent d’abaisser les barriè-res qu’ils ont trop longtemps opposées aux scienceset aux arts de l’Europe. Cette vaste domination , quiembrasse tant de belles contrées, qui renferme tantde peuples jadis si célèbres, qui, s’étendant des sour-ces du Nil aux rives du Pont-Euxin, réunit tous lesclimats et devrait réunir toutes les productions, nepeut plus appartenir qu’à une nalion qui connaissele prix des lumières. Les lumières sont le secoursle plus efficace que cet empire puisse recevoir de sesalliés; et l’art des négociations, qui a été si long-temps l’art de tromper les hommes, sera dans vosmains celui de les instruire et de leur montrer leursvéritables intérêts.