486 discours sur l’astronomie
l’instruction lente que le temps traîne à sa suite, sontparvenus à connaître, et même à prédire l’ordre deschangements célestes tels qu’ils se présentent à unobservateur placé sur la terre. Nous nous transpor-terons ensuite au temps où, dans un siècle encorebarbare, le génie de Copernic saisit, au milieu duchaos des mouvements apparents des astres, l’ordresimple et plus régulier de leurs mouvements réels,et développa ce système dont on ne peut refuser auxGrecs, et peut-être même à des peuples plus anciens,d’avoir eu la première idée. Mais Copernic se bornait,à regarder les orbites des planètes comme peu diffé-rentes d’un cercle, et leurs mouvements comme uni-formes ou combinés avec d’autres mouvements cir-culaires; bientôt après, Kepler découvrit, plutôt parson génie que par une méthode vraiment géométri-que, la figure elliptique de ces orbites, et les lois dumou vement variable suivant lesquelles les planètes lesparcourent. Dans le même temps, Galilée, armé dutélescope récemment inventé en Hollande, aperçutde nouveaux astres, observa les phases de Vénus,détermina, par l’observation des taches du soleil, larotation de cet astre sur lui-même: et, en mêmetemps qu’il confirmait par des observations victo-rieuses le système de Copernic, il détruisit par unedialectique adroite les objections que l’ignorance etle préjugé opposaient à l’opinion du mouvement dela terre. Il faut l’avouer: croire que le soleil et lesétoiles que nous voyons se mouvoir sont cependantimmobiles, et attribuer leur mouvement apparentà la terre, où tout présente à nos sens l’idée de la