Band 
Tome premier.
Seite
489
JPEG-Download
 

ET LE CALCUL DES PROBABILITÉS. 4^9

la modestie de condamner à l’oubli des recherchesde géométrie sublimes en elles-mêmes, mais qu’ilcroyait inutiles. Heureusement il apprit que de nou-velles recherches avaient fait connaître, d’une ma-nière plus précise, le rapport du rayon terrestre auxdistances de la lune; il s’empressa d’appliquer sesprincipes à ces nouveaux éléments. Sa théorie setrouve conforme aux phénomènes observés, et, pourla première fois, une des lois générales de la naturenous fut révélée. En regardant les corps célestescomme des points, leurs masses comme réunies àleur centre, les planètes comme assujetties à la seuleaction du soleil, et les satellites à celle de la planèteprincipale, ces corps doivent décrire des ellipses.Les comètes, qui ne sont visibles que dans une par-tie de leur cours, si elles appartiennent au système so-laire, décriront autour de cet astre des ellipses très-allongées, qui se confondront avec une parabolependant l’espace d’une courte apparition. Toutes lesobservations s’accordèrent avec cette théorie, d’unemanière assez sensible pour que l’on fût en droitd’attribuer les différences qui s’y trouvaient aux élé-ments négligés dans le calcul.

C’est peut-être une observation digne de remar-que, que Newton ait découvert la théorie véritabledes comètes, précisément dans le même temps oùBayle, armé d’une philosophie non moins nouvelle,détruisait les préjugés qui faisaient prendre leur ap-parition pour un signe de la colère céleste. L’un,en apprenant à suivre le cours de ces astres qui pé-nètrent dans tous les sens les immenses régions du