IC)b ÉLOGE DK M. DE LA CONDAMINE.
lation, ni d’être la dupe des faits allégués contre elle.Si, par l’effet d’un usage général de l’inoculation,le fléau terrible de la petite vérole disparaît un jourde la terre (comme il y a peut-être lieu de l’espérer),lorsque ses ravages ne seront plus connus que parles descriptions effrayantes consignées dans noslivres , le nom de M. de la Condamine sera prononcéavec attendrissement par quiconque attachera quel-que prix à la vie, ou sentira celui de la beauté.
En 17S7, M. de la Condamine fit un voyage enItalie. Comme il n’avait pour objet qu’une dissipa-tion utile à sa santé, il évita de porter avec lui desinstruments; il voulait qu’il lui fût impossible defaire des observations. Heureusement son projetétait incompatible avec la curiosité toujours agis-sante, qui était le caractère de son esprit. A son re-tour, il lut à l’Académie un mémoire rempli d’obser-vations sur l’Italie. Ses recherches sur les mesuresanciennes en sont la partie la plus curieuse. Commeon connaît à peu près les limites de ces mesures, ilimagina de les déterminer avec plus d’exactitude,d’après cette idée ingénieuse que chaque partie prin-cipale des édifices anciens a dû contenir un nombrerond de mesures. M. de la Condamine mesura donc,avec la plus grande exactitude, les dimensions desédifices de Rome les mieux conservés ; et suppo-sant qu’elles étaient d’un nombre rond de piedsromaius, qu’il savait être d’environ onze ponces, iltrouva des valeurs de ce pied assez d’accord entreelles, et il en déduisit une valeur moyenne. Enparcourant l’Italie, M. delà Condamine la trouva cou-