Band 
Tome deuxième.
Seite
277
JPEG-Download
 

ÉLOGE DE M. DE BOUKDELliV. ‘ 1 ’]']

d’orgueil à le refuser, il sentait que son frere avaitle même droit que lui à cet acte de piété filiale; etcomme il était vraiment généreux, il devait êtrejuste. Ces vertus simples et sans effort étaient hé-réditaires dans leur famille. Cependant, comme ilsavaient été élevés loin des yeux paternels, elles n’é-taient pas en eux l’ouvrage de l’éducation. Qu’il noussoit donc permis de croire que les vertus peuventaussi se transmettre par le sang! Et pourquoi lanature nous aurait-elle condamnés à n’hériter de nospères que des difformités et des maladies? Pourquoil’heureuse constitution, qui rend les vertus natu-relles et faciles, ne se transmettrait-elle pas commecelle qui donne une santé vigoureuse?

M. de Bourdelin fut obligé de chercher dansl’exercice de la médecine un dédommagement dela perte de sa fortune : heureusement sa réputationétait faite d’avance, et il n’eut qu’à en recueillir lefruit. Sa pratique était comme son caractère, simple,douce et patiente. On le voyait toujours suivre lanature, l’aider quelquefois, et ne la contrarier ja-mais ; n’employant qu’avec une sage épargne lessecours de l’art, et n’ajoutant qu’à regret, aux dan-gers et aux douleurs de la maladie, les dangers etl’incommodité des remèdes ; aussi occupé de con-soler et de soulager ses malades que de les guérir ;traitant chacun comme s’il était son ami et l’uniqueobjet de ses soins; indulgent pour leurs caprices,compatissant pour leurs peines imaginaires , etn’ayant d’indifférence que sur la manière dont sessoins seraient récompensés.