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Tome deuxième.
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ELOGE DE M. DE HAI.LEK.

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longue liste de jugements sur un grand nombred’auteurs, jugements dans lesquels il eût été difficileà la longue d’éviter la monotonie ou l’affectation, ilavait imaginé de distinguer, par un nombre d’étoilesplus ou moins grand, le degré du mérite fie ces au-teurs. Il embrassait dans cette liste même les auteursvivants. On se doute bien que peu de savants furentcontents du nombre de leurs astérisques. Nous nesavons pas jusqu’à quel point la franchise de M. deHaller a multiplié ses adversaires et ses critiques:mais pour qu’un homme qui s’était chargé du devoirde juger ses contemporains, et qui était incapablede les flatter, ait joui, presque sans contestation, dela renommée la plus brillante, il fallait qu’il eût unmérite bien rare; et si jamais la grande réputationd’un savant a été une preuve incontestable de la su-périorité de ses talents, c’est sans doute dans unecirconstance où tant d’hommes étaient intéressés àdiminuer l’autorité de ses décisions. M. de Hallerrisquait dans ce moment sa considération et sonrepos : il le savait, et il n’hésita point. Il ne s’agissaitpas dans ces jugements de distribuer la gloire avecune équité plus ou moins scrupuleuse entre deshommes occupés d’études frivoles, mais de déciderquels guides devaient choisir de préférence desjeunes gens qui allaient embrasser une professionoù ils auraient à prononcer sur la vie de leurs sem-blables; et M. de Haller crut que c’était une deces circonstances où le courage de S’exposer à lahaine, en blessant l'amour-propre, peut devenir unevertu.

H.

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