ÉLOGE DK M. I.E COMTE d’aBC.I. 383
bientôt le rendre aux sciences et à l’Académie. En1765, il donna un mémoire sur la durée des sensa-tions de la vue, celui de ses ouvrages peut-être oùl’on voit briller le plus et son talent pour imaginerdes appareils qui conduisent à des expériencesexactes et concluantes, et la sagacité avec laquelleil savait combiner et varier ses expériences, pour entirer des résultats certains et précis.
Un enfant, en agitant circulairement un charbonallumé, produit l’apparence d’une roue de feu; uneroue dentée qui tourne ne présente qu’un cerclecontinu; une corde sonore qui vibre avec rapiditéparaît un losange : ces effets sont connus de tous lestemps.
Us prouvent que nos sensations ont une duréeplus grande que celle de l’action de leur cause;l’ébranlement produit dans l’organe se prolongeaprès que le corps extérieur a cessé d’agir. Ce fait alieu vraisemblablement pour tous nos sens, et c’estde cette circonstance que, peut-être, on pourra dé-duire un jour les lois de la composition musicale,si ces lois ont leur base dans la nature; mais c’estsurtout pour le sens de la vue que ce phénomèneest sensible, parce que c’est le sens pour lequelnous pouvons le plus aisément nous assurer quel’action extérieure a cessé, et séparer la durée de lacause de celle de l’effet.
Personne n’avait encore songé à soumettre cesobservations au calcul, à déterminer la vitesse né-cessaire pour produire ces apparences, et à mesurerpar conséquent la durée de chaque impression ins-