Er.OGF. DK M. BUCQUET.
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pas incompatible avec le génie des sciences, ne doitpas du moins en être regardée comme une. preuve ;c’était cet enthousiasme qu’inspire aux esprits bienfaits et aux âmes nobles la vue de la vérité, et l’idéedu bien qu’elle peut faire aux hommes : cet enthou-siasme étonne d’abord les hommes frivoles, ils letrouvent même ridicule; cependant il les entraîne,les force bientôt au respect, et souvent ils finissenteux-mêmes par le partager.
Les livres sont, en général, plus propres à ensei-gner des vérités qu’à en inspirer le goût; s’ils ser-vent à répandre les lumières, ce sont principale-ment les enseignements publics qui font naître lessavants: les passions, et surtout celles qui ne tien-nent pas à nos sens, s’excitent rarement dans la soli-tude et dans le repos; mais les hommes rassemblés lesreçoivent avec facilité, et leur impression est d’au-tant plus forte, que plus d’hommes l’éprouvent enmême temps, et deviennent, l’un pour l’autre, unobjet d’imitation, d’encouragement ou d’émulation.
Un habile démonstrateur est plus utile qu’un écri-vain qui lui serait égal en connaissances ou en ta-lents, puisqu’il contribue doublement aux progrèsdes sciences, et par l’instruction qu’il répand, et plusencore par l’ardeur qu’il sait exciter; mais aussitrouve-t-il une récompense bien douce dans l’es-time et dans l’amitié de ses disciples. On sépare unlivre de son auteur; mais on ne peut pas séparer unprofesseur de ses leçons: on apprend à respecter sapersonne en apprenant à estimer ses lumières, etle sentiment du plaisir qu’on reçoit par l’étude des1T. 27