484 ÉLOGE DE M. DE MAUREP/VS.
ner au ministre, par les intéressés, son indifférencepour les intérêts dont ils sont si vivement émus, etqui le sauve lui-même du reproche d’avoir traitédes minuties comme de grandes affaires. M. de Mau-repas sut à la fois s’occuper de toutes ces questionssans ennui, éteindre les querelles sans les décider,et en rire sans se faire d’ennemis. Pendant son mi-nistère, on vit construire à Paris un magnifiqueégout, une machine à élever l’eau ; on bâtit des fon-taines, on élargit des quais : les monuments destinésà l’utilité publique furent constamment préférés àceux qui n’ont pour objet que de satisfaire desgoûts frivoles, ou de flatter la vanité.
Le premier honneur de ces établissements appar-tient sans doute au magistrat qui en a formé le planet dirigé l’exécution ; magistrat dont la mémoire estencore si chère et si respectée: mais nous blâme-rions avec raison le ministre qui aurait autorisé, parson silence, des administrateurs capables de sacrifierle patrimoine commun des citoyens à des vues am-bitieuses et futiles; rendons par conséquent justiceà l’esprit de sagesse et d’équité qui a fait concourirM. le comte de Maurepas à une disposition si utiledes fonds publics.
Il avait existé longtemps à Paris des maisons dejeu, c’est-à-dire, des maisons dont les propriétairesavaient le droit d’établir publiquement les mêmesjeux que les lois avaient proscrits; de lever un im-pôt sur le vice, et de lui vendre l’impunité. Danspresque tous les temps, les lois contre les jeux ontété insuffisantes, comme toutes celles qui ont pour