ÉLOGE DE M. DE MAUREPAS.
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vérité comme la source la plus réelle et la plus fé-conde du bonheur des hommes; passion si rare, queplusieurs philosophes ont été tentés d’en nier l’exis-tence, et d’en attribuer tous les effets à un désirsecret de la gloire, par lequel sont entraînés, à leurinsu, ceux même qui ne se croient animés que del’amour de la vérité.
M. de Maurepas n’avait pas besoin de ce senti-ment ; il s’était occupé des affaires sans passion; illes quitta sans regret; et il avait beaucoup plus àremplir le vide de son temps que celui de son âme.
Il menait dans sa disgrâce une vie occupée, jouis-sant de tous les plaisirs de la société et de la répu-tation d’un homme aimable; entouré^ d’un grandnombre d’anciennes connaissances, qui, ne l’ayantpoint abandonné dans sa retraite, pouvaient mériterle nom d’amis; soutenu par la considération pu-blique, sans laquelle un ministre, qui n’a conservéni espérance ni parti, est presque condamné à lasolitude.
Après vingt-cinq ans d’une vie privée, il fut rap-pelé dans le ministère en 1774, non plus pour rem-plir des départements, mais pour être le conseil etle guide du roi, qui, placé à vingt ans sur le trône,croyait avoir besoin qu’un homme, longtemps chargédes fonctions les plus importantes du gouvernement,étranger aux partis qui pouvaient diviser la cour, etjouissant de l’estime générale, fût en quelque sorteauprès de la nation le garant des espérances qu’ellefondait sur un nouveau règne.
En arrivant à la cour, il se vit entouré une seconde