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Tome deuxième.
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ÉLOGE DE M. DE MONTIGNI. 583

original de toutes ses productions avait placé, mal-gré le petit nombre de ses ouvrages, au rang deshommes de génie. Ces liaisons augmentèrent le goûtde M. de Montigni pour l’étude; et en 17/jo l’Aca-démie le nomma à une place d’adjoint dans la classede mécanique : mais il devait bientôt être enlevé àl’Académie et à ses travaux. L’abbé de Ventadour,avec lequel il avait été lié au collège, lui proposa del’accompagner dans son voyage d’Italie, où il allaitassister à l’élection du pape, en qualité de concla-viste du cardinal de Rohan son oncle : M. de Monti-gni accepta cette proposition. Il crut que le spec-tacle d’un conclave pouvait intéresser un philosophe;qu’il ne perdrait pas le temps qu’il emploierait àétudier les mœurs des descendants dégénérés desCatons, des Antonins, et à observer les chefs-d’œu-vre des arts modernes, s’élevant sur les ruines deschefs-d’œuvre de l’antiquité. Il vit l’installation de cepape Benoît XIV, que sa modération et sa sagesseont rendu si respectable aux nations même de l’Eu-rope auprès desquelles le titre de souverain pontifeétait un préjugé qu’il ne pouvait vaincre que par sesvertus personnelles.

Il parcourut ensuite Naples, la Sicile, Venise, laLombardie, observant les gouvernements et lesmœurs, les productions des arts et les antiquités,les beautés de la nature et les phénomènes qu’elleprésente en foule dans ce pays, théâtre imposant detant de révolutions dans le physique comme dansl’histoire.

La connaissance de la langue italienne, celle des