58/j ÉLOGE DE M. DE MONTIGNI.
principes des arts, dont le goût, depuis ce moment,ne l’abandonna jamais; des lumières sur l’histoirenaturelle, acquises par ses propres observations; etce qui vaut mieux peut-être, le développement detoutes ses facultés, cette instruction de détail siutile, et qu’avec de l’activité et de l’esprit on nemanque jamais d’acquérir, en voyant même rapi-dement beaucoup d’objets : tel fut le fruit de cevoyage.
Ce fut à son retour, en 174c que M. de Mon-tigni donna à l’Académie le seul mémoire de ma-thématiques qu’il ait imprimé. Ce mémoire a pourobjet de déterminer le mouvement d’une verge in-flexible , chargée d’un nombre quelconque de mas-ses, animées de vitesse aussi quelconque. La vergeest supposée ne pouvoir que tourner autour d’uncentre fixe, et glisser le long de ce même centre;ou, ce qui revient au même, elle est assujettie à cequ’un de ces points appartienne continuellementà un point fixe. Ce problème fut résolu par M. deMontigni avec beaucoup d’élégance et de simplicitépar une méthode qui lui appartenait. M. D’Alem-bert n’avait point encore donné ce principe généralde la mécanique, à l’aide duquel on peut résoudretous les problèmes; celui de la conservation desforces vives qu’on employait alors, ne suffit pointseul, et il fallait en imaginer un second pour cha-que problème qu’on se proposait.
M. de Montigni avait succédé à son père dans sacharge de trésorier de France; il s’était prêté sansrépugnance à cet arrangement de famille, qui, loin