ÉLOGE DE M. DE MONTIGMI.
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de contrarier son goût pour les sciences, lui of-frait, dans plusieurs des fonctions de cette place, unmoyen de consacrer ses lumières à l’utilité publique.M. Trudaine le père était lié avec lui depuis sa jeu-nesse: ce magistrat éclairé sentit bientôt combien,pour le succès de ses vues patriotiques, il pouvaittrouver de ressources dans un savant qui, membred’une cour souveraine, joignait à des connaissancestrès-étendues dans toutes les branches de la phy-sique, l’étude des lois et celle des principes de l’ad-ministration.
Toutes les fois que le gouvernement s’occupe dela culture,de l’industrie, des manufactures, du com-merce, des travaux publics, des moyens d’établirdes communications, des effets que la forme ou larépartition des impôts peuvent produire, des loisqui règlent ces limites au delà desquelles l’exercicede la propriété peut devenir contraire à la conser-vation ou aux droits des autres hommes, ce n’estque dans les sciences physiques qu’il peut trouverla base de ces opérations. Mais un homme qui neconnaîtrait que les principes de ces sciences, et mêmeleur application aux arts, ne donnerait à l’adminis-tration que des lumières incomplètes; il pourramontrer où est le mal, mais non indiquer les moyensde le réparer; il saurait à quel but on doit tendre,mais il ignorerait par quelle route on peut espérerde l’atteindre : deux hommes qui ne voient que lamoitié d’un objet, ne peuvent, quelques lumières,quelques talents qu’ils aient, équivaloir à un seulhomme capable de l’embrasser tout entier.