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Tome deuxième.
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586
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586 ÉLOGE DE M. DE MONTIGNF.

Le caractère de M. de Montigni le rendait propreaux travaux dont M. Trudaine voulait le charger. Ilavait à la fois de la modération et de la fermeté;ses opinions n’étaient point exagérées; il aimait na-turellement à agir avec sagesse et avec mesure : maisil savait vouloir le bien avec constance, et résisterau mal avec courage; doux, calme, indulgent même,il ne semblait sortir de son caractère que lorsquel’utilité publique l’exigeait, lorsque le spectacle del’injustice ou de l’oppression excitait son zèle.

Une circonstance singulière le mit à portée derendre de grands services aux manufactures. Unjeune Anglais ( M. Holker) qui avait des connais-sances très-étendues sur la fabrique des étoffes detoute espèce, ayant embrassé le parti du prétendant,avait été pris à la bataille de Culloden avec un deses amis; il s’attendait à périr du dernier supplice :traitement que la politique paraissait conseiller, etqui devait paraître barbare aux yeux de la justice,puisque la loi qui excluait les Stuarts du trône n’é-tait (par la forme que l’esprit de parti lui avait faitdonner) qu’une loi d’intolérance, et par consé-quent une loi injuste pour quiconque ne partageaitpas les préjugés persécuteurs des églises réformées.Cependant, M. Holker trouva le moyen de percer lemur de la prison où il était enfermé avec M. March,son ami. M. March descendit le premier : mais lepassage était trop étroit pour son ami; il rentradans la prison pour préparer de nouveau leur éva-sion commune, et il aima mieux s’exposer à la mortet à une mort ignominieuse, du moins par son ap-