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Tome quatrième.
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VIK DT. VOLTAIRE.

9 G

Ces préjugés, que des corps puissants étaient inté-ressés à répandre, ne sont pas encore détruits. L’ha-bitude de voir presque toujours la lourdeur réunie àl’exactitude, de trouver à côté des décisions de la cri-tique l’échafaudage insipide employé pour les for-mer, a fait prendre celle de ne regarder commeexact que ce qui porte l’empreinte de la pédanterie.On s’est accoutumé à voir l'ennui accompagner lafidélité historique, comme à voir les hommes decertaines professions porter des couleurs lugubres.D’ailleurs, les gens d’esprit ne tirent aucune vanitéd'un mérite que des sots peuvent partager avec eux;et on croit qu’ils ne l’ont point, parce qu’ils sontles seuls à ne pas s’en vanter. Les Voyages du jeune.Anacharsis détruiront peut-être cette opinion tropaccréditée.

Mais Y Essai de Voltaire sera toujours, pour leshommes qui exercent la raison, une lecture déli-cieuse, par le choix des objets que l’auteur a pré-sentés, par la rapidité du style, par l’amour de lavérité et de l’humanité qui en anime toutes les pages,par cet art de présenter des contrastes piquants, desrapprochements inattendus, sans cesser d’être natu-rel et facile, d’offrir, dans un style toujours simple,de grands résultats et des idées profondes. Ce n’estpas l’histoire des siècles que l’auteur a parcourue,mais ce qu’on aurait voulu retenir de la lecture del’histoire, ce qu’on aimerait à s’en rappeler.

En même temps peu de livres seraient plus utilesdans une éducation raisonnable. On y apprendrait,avec les faits, l’art de les voir et de les juger; on y