Band 
Tome quatrième.
Seite
97
JPEG-Download
 

VIF- UE VOLTAIRE.

97

apprendrait a exercer sa raison dans son indépen-dance naturelle, sans laquelle elle n’est plus quel’instrument servile des préjugés; on y apprendraitenfin à mépriser la superstition, à craindre le fana-tisme, a detester l’intolérance, a liaïr la tyranniesans cesser d’aimer la paix, et cette douceur demoeurs aussi necessaire au bonlieur des nations quela sagesse même des lois.

Jusqu’ici, dans l’éducation publique ou particu-lière, également dirigées par des préjugés, les jeunesgens n’apprennent l’histoire que défigurée par descompilateurs vils ou superstitieux. Si depuis la pu-blication de VEssai de Voltaire, deux hommes,l’abbé de Condillac et l’abbé Millot, ont mérité den’être pas confondus dans cette classe, gênés par leurétat, ils ont trop laissé à deviner; pour les bien en-tendre , il faut n’avoir plus besoin de s’instruire aveceux.

Cet ouvrage plaça Voltaire dans la classe des his-toriens originaux, et il a l’honneur d’avoir fait, dansla manière d’écrire l’histoire, une révolution dont, àla vérité, rAngleterre a presque seule profité jus-qu ici.Hume,Robertson, Gibbon, Watson, peuvent,à quelques égards, être regardés comme sortis de sonécole. L histoire de Voltaire a encore un autre avan-tage . cest quelle peut être enseignée en Angleterrecomme en Russie, en Virginie comme à Berne ou àVenise. Il n y a place que ces vérités dont tous lesgouvernements peuvent convenir : qu’on laisse à laraison humaine le droit de s’éclairer, que le citoyenjouisse de sa liberté naturelle, que les lois soientIV. 7