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Tome quatrième.
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VIE DE VOETAIKE.

sa gloire, il n’a presque jamais écrit en prose que dansdes vues d’utilité générale. Cependant, les mêmesraisons qui l’intéressaient au progrès de 1 Ency-clopédie , suscitèrent à cet ouvrage une foule d’enne-mis. Composé ou applaudi par les hommes les pluscélèbres de la nation, il devint comme une espècede marque qui séparait les littérateurs distingues, etceux qui s’honoraient d’être leurs disciples ou leursamis, de cette foule d’écrivains obscurs et jaloux qui,dans la triste impuissance de donner aux hommesou des vérités nouvelles ou de nouveaux plaisirs,haïssent ou déchirent ceux que la nature a mieuxtraités.

Un ouvrage où l’on devait parler avec franchiseet avec liberté, de théologie, de morale, de jurispru-dence, de législation , d’économie publique , devaiteffrayer tous les partis politiques ou religieux, et tousles pouvoirs secondaires qui craignaient d’y voirdiscuter leur utilité et leurs titres. U’insurrectionfut générale. Le Journal de Trévoux, la Gazette ec-clésiastique ., les journaux satiriques , les jésuites etles jansénistes , le clergé, les parlements, tous, sanscesser de se combattre ou de se haïr, se réunirentcontre 1 Encyclopédie. Elle succomba. On fut obligéd achever et d imprimer en secret cet ouvrage, à laperfection duquel la liberté et la publicité étaient siiiécessaires : et le plus beau monument dont jamaisl’esprit humain ait conçu l’idée, serait demeuré im-parfait, sans le courage de Diderot, sans le zèle d’ungrand nombre de savants et de littérateurs distin-gués, que la persécution ne put arrêter.