VIK OF VOLTAIRE.
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ses confrères, pour montrer combien il était faciled’exécuter ce plan, il voulait en peu de mois termi-ner la partie dont il s’était chargé.
Tant de travaux avaient épuisé ses forces. Un cra-chement de sang, causé par les efforts qu’il avaitfaits pendant les répétitions à'Irène, l’avait affaibli.Cependant l’activité de son âme suffisait à tout, etlui cachait sa faiblesse réelle. Enfin , privé du som-meil par l’effet de l’irritation d’un travail trop con-tinu, il voulut s’en assurer quelques heures pourêtre en état de faire adopter à l’Académie, d’une ma-nière irrévocable, le plan du Dictionnaire, contrelequel quelques objections s’étaient élevées; et il ré-solut de prendre de l’opium. Son esprit avait toutesa force; son âme, toute son impétuosité et toute samobilité naturelle; son caractère, toute son activitéet toute sa gaieté, lorsqu’il prit le calmant qu’ilcrovait nécessaire. Ses amis l’avaient vu se livrer,dans la soirée même, à toute sa haine contre les pré-jugés, l’exhaler avec éloquence, et bientôt après neplus les envisager que du côté ridicule, s’en moqueravec celte grâce et ces rapprochements singuliersqui caractérisaient ses plaisanteries. Mais il prit del’opium à plusieurs reprises, et se trompa sur lesdoses, vraisemblablement dans l’espèce d’ivresse ([lieles premières avaient produite. Le même accidentlui était arrivé près de trente ans auparavant, etavait fait craindre pour sa vie. Cette fois, ses forcesépuisées ne suffirent point pour combattre le poison.Depuis longtemps il souffrait des douleurs de vessie,et dans l’affaiblissement général de ses organes, celui